Les corsos

Un char tiré par des bœufs dans les années 1920 à Loriol © cdf Loriol

Le défilé des chars, appelé dans la plupart des cas « corso » ou « corso fleuri », se déroule dans les rues des communes le dimanche matin ou l’après-midi de la fête. Cette composante majeure est placée sous le signe de la convivialité et du partage. Les participants présentent au public le char auquel ils ont travaillé les mois précédents. Jusque dans les années 1920, les chars étaient fleuris et tirés par des animaux (bœufs ou chevaux), puis, durant l’entre-deux-guerres, des voitures décorées défilent, pour laisser place, plus tard, aux tracteurs tirant les chars décorés, que l’on connaît de nos jours.

Char « Charlotte aux fraises » à Beaumont-lès-Valence en 2008 © cdf Beaumont-lès-Valence

Le comité organise le défilé selon les traditions héritées, mais aussi selon ses envies. Bien que moderne et coloré aujourd’hui, il faisait déjà partie de ces fêtes au XIXe siècle. À propos des fêtes des bouviers, Arnold Van Gennep décrit les cérémonies, en 1949, avec « un grand défilé de toute la notabilité et un banquet » [Manuel de folklore français contemporain, tome I].

Char du Bacchus à Beaumont-Monteux en 2016 © cdf Saint-Vincent

Le nombre de chars varie selon les communes et selon les années. Ils sont construits par des associations ou des « quartiers ». Les premiers chars sont généralement occupés par les membres de la commission, qui ouvrent le cortège applaudis par le public. Le « roi » et la « reine » sont même parfois acclamés par la foule : « Vive le Roi, vive la Reine » [témoignages]. Le char ou plus généralement la voiture transportant le triomphe et le pain béni sont également présents durant le défilé. Lorsqu’il y a un Bacchus, son char clôture le défilé pour distribuer le vin à la population : « le Bacchus met un tonneau et sert du vin blanc à tous ceux qui suivent » [témoignage de Joseph Grégoire, à Fauconnières, 2018].